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samedi 21 juillet 2018

Une boussole dans le processus de séparation

Un guide dans vos interrogations : les étapes clés d'une rupture


Tout ce que j'ai pu vivre, j'essaie de vous le retranscrire à  travers ce blog pour vous faire partager un peu de mon expérience et vous donner des clés pour vivre votre propre séparation le plus sereinement possible. Il est vain de croire que je pourrai détailler absolument toutes les étapes et les processus que vous allez traverser car chacun part de là où il en est avec ce qu'il a comme bagage pour vivre sa propre expérience. Nous n'avons pas tous les mêmes croyances, les mêmes peurs ou les mêmes difficultés.
Mais avoir comme une boussole qui indique le chemin m'aurait été d'un grand guide au moment de mon divorce, aussi c'est ce que je me propose d'être pour vous.

En moyenne il nous faut entre 1 ans 1/2 et 4 ans pour nous remettre complètement d'une rupture. C'est le temps qu'il nous faut pour trouver un autre équilibre intérieur et réorganiser sa vie différemment. Je vais vous accompagner dans ce processus de séparation. J'ai appris que celui-ci recouvre des périodes difficiles et qu'il faut les admettre. Vouloir les nier en allant trop vite, en brûlant des étapes est voué à l'échec : on risque même d'amplifier sur le long terme le mal-être ou la souffrance plus ou moins aiguë que nous ressentons au début et que nous cherchons à atténuer.

5 temps forts à identifier


J'ai ressenti 5 moments clés pour mes émotions lors de ma séparation et je les ai retrouvés dans le livre  Le couple brisé du Professeur Christophe Fauré, que je vous invite à lire si cela vous intéresse d'approfondir la question. C'est pourquoi je vous en fais part car il me semble que savoir se situer parmi eux et les connaître dans leurs grandes lignes donne un repère réconfortant. Un peu comme lorsqu'on grimpe un escalier dont on ne voit pas la fin, avec des marches et des paliers plus ou moins raides ou longs...



- Le 1er c'est le temps des doutes et des questions, le chemin interne sinueux avant que l'un des deux compagnons ne se décide à mettre un terme à la relation.
- Le 2nd est l'annonce de la rupture : c'est alors le choc et l'incrédulité pour l'autre. Il correspond aussi au début du travail de deuil.
- Le 3e est le temps de la tempête émotionnelle du couple qui gère cette séparation avec plus ou moins de colère, de peurs, de culpabilité ou de détresse...
- Le 4e moment clé est le temps de convalescence après le traumatisme de la séparation.  Si j'emploie ce terme c'est à dessein. Savez-vous que pour les médecins une séparation est potentiellement plus traumatisante qu'un deuil ? C'est un événement majeur dans la vie d'une personne, même s'il est galvaudé dans notre société de consommation. Sans vouloir faire de comparaison macabre, il est quand même intéressant de noter qu'il faut en moyenne 4 ans pour se remettre du décès de notre conjoint : on n'en est pas loin avec la séparation. Il faut donc la considérer avec sérieux, même quand elle se passe bien.
- Le 5e moment clé est le temps de l'ouverture vers le futur. On redéfinit notre regard posé sur le monde, sur les autres et sur nous-mêmes. 

Exploration du 1er temps fort : le questionnement intérieur qui précède la séparation

 C'est le moment où on pense avoir tout ce qu'il faut pour être heureux mais qu'au fond de soi quelque chose ne va pas. C'est la sensation d'un malaise persistant mais intermittent selon les jours. Certains jours il est très présent, d'autres absent. Du coup on hésite à en faire part à notre compagnon de vie car il est incertain et difficile à expliquer. Alors on doute et on se tait. On a peur de se tromper mais on a peur aussi des conséquences. On s'impose le silence. C'est exactement ce que j'ai fais : je n'ai pas partagé mes doutes avec mon ex-mari préférant les faire taire de force. Mais il n'y a rien à faire : le travail silencieux est en route et le fait de ne pas écouter notre petite voix ne la fait en rien disparaitre. Certes c'est protecteur à court terme, du-moins c'est notre illusion, mais c'est très couteux à long terme. Taire la petite voix qui nous dit que quelque chose ne va pas est le meilleur moyen de se couper de ce que nous sommes réellement, de ce qu'on ressent au plus profond de soi. On est obligé de mobiliser de plus en plus d’énergie pour préserver cette illusion que tout va bien pour nous dans le meilleur des mondes.
On hésite à parler car on redoute de provoquer un processus de non-retour. Et après tout, si on est capable de partager quand même de bons moments, n'est-ce pas le signe qu'on l'aime toujours ?
 A force de nier les problèmes, de ne pas vouloir les voir ni les affronter, nous les amplifions car nous nous privons de la possibilité de les régler réellement. Au lieu d'en parler à deux, nous nous étiolons seul(e) et l'usure de la relation arrive lentement mais sûrement à son point de rupture. Alors que notre compagnon n'est toujours pas au courant de toutes les interrogations qui nous tiennent éveillé(e)...
Quand le doute s'installe en nous, c'est qu'il est encore temps de proposer des changements, des solutions, des aménagements...c'est qu'on a encore envie de "se battre pour sauver son couple", même si j'ai horreur de cette expression personnellement. 

C'est lors de cette étape que finalement l'avenir du couple se joue : notre partenaire ne vit pas dans notre tête et si nous ne trouvons pas les mots pour lui dire, il continuera d'ignorer tous nos tourments. Un déséquilibre se crée dans le couple et c'est notre faculté de communication et notre façon de réagir qui permettra à notre couple d'évoluer ensemble ou de rompre.
Tous ces questionnements sont comme une obligation d'arrêt pour le couple : savoir où on est pour savoir quoi modifier. La nécessité de faire un état des lieux de la relation est importante. A ce stade, il me semble que beaucoup de couples ne parle pas encore de rupture alors que souvent ils ont déjà perdu l'envie de communiquer ou l’intérêt pour l'autre (intellectuel ou sexuel).

Trouver l'origine des difficultés d'un couple permet d'essayer de les résoudre à deux. Se taire est se condamner à échouer à le faire évoluer en douceur. C'est quelquefois très difficile car on confond les causes et les conséquences. Par exemple, avoir des problèmes sexuels avec son conjoint peut être source de conflits à la longue, mais c'est peut-être aussi le corps qui s'exprime de cette  façon pour pointer des problèmes de communication.


Exploration des éventuelles dégradations d'une relation

Dresser un état des lieux du couple permet d'y voir un peu plus clair pour tenter d'y remédier (ou de ne pas reproduire les mêmes erreurs). Je vois deux catégories distinctes : celles qui sont extérieures au couple et celles liées à son fonctionnement.

1. Les événements facteurs à risque dans le couple :

Ce sont ceux qui ne mènent pas forcément à la rupture de notre couple mais qui le fragilisent de l'intérieur et qui nous obligent  à rééquilibrer notre relation. Notre couple est déstabilisé au-moins provisoirement. 
- les problèmes de santé qui touchent nos enfants, nos parents ou l'un de nous directement. L'un ou l'autre peut ressentir aussi une extrême fatigue morale ou physique pour des raisons totalement extérieures au couple mais cela à une incidence sur lui, par exemple en cas de harcèlement au travail. Ce peut être aussi une dépendance à l'alcool, ou à la drogue.
- les changements familiaux : le couple accueille un nouveau-né ou un parent âgé chez soi. C'est une source de conflit éventuel. En tout cas la place de chacun est à redéfinir. Et l'intimité du couple est à préserver.
- les hiérarchisations de priorités qui ne sont plus les mêmes entre la vie de couple, le lien avec la famille d'origine ou la carrière professionnelle par exemple. Il se peut que l'un de nous décide de faire passer sa carrière avant la famille car les enfants ont grandi ou au contraire qu'il se mette en retrait pour pouvoir mieux profiter d'elle... A chaque fois, c'est l'occasion d'un équilibre à réinventer. Ou encore quand les valeurs de l'un deviennent incompatibles avec celles de l'autre, ou qu'on le découvre tardivement (xénophobie, homophobie...). 
Ce déséquilibre passager peut sembler futile mais il est à prendre en compte sérieusement car il touche à la perception de la valeur que l'autre nous attribue, autrement dit le fondement de notre couple ! Ce fut en effet mon cas car je me suis sentie complètement dévalorisée dans mon projet professionnel et en même temps obligée de soutenir le sien qui perturbait l'équilibre que nous avions précédemment trouvé au sein de notre famille.

2. La dégradation progressive du couple lié à son fonctionnement propre

Ce sont des pertes qui installent un climat affectif particulier, dégradé au sein même du couple et qui, si rien n'est fait, mènent à sa fin.
- la perte de l’intérêt l'un pour l'autre. 
L'amour est un sentiment qui se montre et s'attise sinon il s'éteint . C'est un travail qui nécessite une vigilance permanente. 
"Il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour".  
Jean Cocteau

Se parler, s'écouter, se découvrir à nouveau, en dehors de la présence des enfants , se faire des petits cadeaux, se surprendre, être présents l'un pour l'autre, tout simplement donner envie à l'autre de rester près de soi : autant de marques d'attention qui nous paraissent aller de soi mais qui sont souvent perdues de vue par l'habitude, la routine, la paresse. On considère que le couple va de soi, que la présence de l'autre est acquise... Le risque pour un couple est aussi d'avoir pour seul projet commun d'éduquer les enfants.
- l'ennui
Ce sentiment découle du précédent. Il ne se passe plus rien au sein du couple. C'est tranquille, sans surprise, sans élan, sans émotions.On évacue tout ce qui peut déranger et le calme apparent donne l'illusion de l'harmonie. On oublie, occulte les dimensions de notre compagnon pour finir par n'en voir plus qu'une. Par exemple j'ai eu l'impression de n'être plus que la mère de ses enfants pour mon ex-mari.
- la perte du respect mutuel
Le respect, c'est la valeur qu'on donne à l'autre. En couple on s'engage à honorer l'autre et à préserver son intégrité. Grâce à cela, on se repose sur la confiance et l'assurance que notre partenaire sera un compagnon positif dans notre vie. Or la rupture de ce pacte dégrade la relation. Le fait, par exemple, de l'humilier en public ou d'être humilié(e) est une trahison forte. On perd sa réserve ou sa mesure. On montre aux autres sa faiblesse ou sa petitesse. On néglige, on reçoit sans donner. Il n'y a plus d'équilibre dans le couple.
- la perte de tolérance et de la patience
Aimer c'est accepter l'autre même avec ses zones d'ombre. Quand on n'a plus d'espoir par rapport à la relation ,quand on n'en attend plus rien, alors on devient intolérant vis-à-vis d'elle. Il se peut qu'on soit lassé(e) d'avoir à demander toujours pour n'obtenir rien. On n'a plus de raisons suffisantes pour faire des efforts, pour essayer encore. Notre partenaire nous énerve à ce moment-là rien que par sa présence. Quoiqu'il fasse ou qu'il dise, cela nous irrite. 
- la perte de désir sexuel
Au lieu de chercher le contact de son partenaire, on le fuit et on développe des stratégies d'évitement. On appréhende son contact. Ce n'est pas forcément la fin du couple en soi : certains préfèrent développer des dimensions affectives ou intellectuelles. Mais si l'un des deux va chercher ailleurs une relation sexuelle, le déséquilibre s'installe.
- la relation extra conjugale
Elle peut être indifféremment la cause ou la conséquence d'une dégradation du lien du couple. Elle n'arrive jamais par hasard et peux tout autant séparer définitivement le couple que resserrer ses liens. Je vous en parlerai plus longuement dans un autre article.
- la perte de sécurité
On ne le répétera jamais assez : les violences conjugales sont très importantes puisqu'une femme en meurt tous les 3 jours en France ! Si c'est votre cas, la seule solution est la fuite à l'aide de professionnels et du soutien de proches.
Les violences peuvent être psychiques, verbales, physiques, sexuelles, économiques... Dans tous les cas, la victime est terrifiée à l'idée de commettre des erreurs, elle fait tout pour plaire en anticipant les désirs de l'autre mais ce n'est jamais assez. La victime reste car elle se sent responsable et que le travail de dévalorisation de son bourreau fonctionne : elle n'ose pas en parler, se replie sur soi et a peur pour elle et ses enfants des représailles..

J'ai fais un peu l'inventaire des raisons de la dégradation de la relation d'un couple pour vous permettre d'y voir plus clair et d'identifier ce qui vous concerne. Quand il est encore temps de modifier quelque chose....

Est-ce que cet article vous a aidé à comprendre les mécanismes en jeu dans votre couple ? Quel est le frein à son épanouissement ? Quel est celui que vous n'avez pas su gérer et qui a détruit la qualité de votre couple ?
Il me semble essentiel de réussir à les identifier pour assainir votre relation avec votre ex et pour éviter de reproduire les mêmes erreurs avec votre prochain couple !

La prochaine fois j'aborderai les autres moments clés d'une rupture. 
D'ici-là prenez soin de vos belles pommes d'amour !

Céline

mercredi 25 avril 2018

La communication avec ses enfants pendant la séparation

 

3 stratégies gagnantes pour améliorer la communication avec vos enfants



Vous avez peur de parler de votre séparation avec vos enfants ? Vous craignez leurs réactions ? Vous hésitez sur les mots à employer ?
Voici mes 3 stratégies, faciles à mettre en place, qui vont vous permettre de fluidifier vos relations avec vos enfants : en vidéo pour la première fois ;-)




Je résume mes stratégies fondées sur mon expérience :

1. on déculpabilise nos enfants sur les raisons de votre séparation

Ils ne sont en rien responsables de notre séparation même s'ils se demandent toujours ce qu'ils ont pu faire de travers pour provoquer cette séparation. A nous d'assumer nos décisions d'adultes.


2. on les rassure sur notre amour

On se sépare de notre conjoint, pas d'eux ! On leur répète qu'on les aime, qu'ils comptent pour vous. On communique avec eux même quand ils ne sont pas avec nous. On montre la permanence de notre amour.


3. on leur parle de nos émotions et de nos activités en leur absence 

Raconter ce qu'on fait et ce qu'on ressent en leur absence les autorise à être eux-mêmes heureux en notre absence.

J'espère que ces stratégies vont vous aider. A bientôt.

Prenez soin de vous !
Céline

dimanche 8 avril 2018

Le partage des événements

Une autre conséquence d'une séparation : le partage des évènements



J'ai abordé récemment la question du partage du temps que nous -mon ex-mari et moi-même- essayons de faire le plus équitable pour tous : parents et enfants.

Se séparer mais vivre des moments heureux ensemble 


J'ai appris que se séparer représente un partage des biens et du temps en deux parties distinctes mais que vivre des moments ensemble est néanmoins possible. Et pour tous ces moments-là, il vaut mieux réussir à s'entendre. Sinon ils risquent d'être gâchés ou entachés de tension. Je pense à tous les moments qui concernent vos enfants : les divers spectacles de fin d'année, les kermesses de l'école, les fêtes, les célébrations, les anniversaires.... Comment faire pour ressentir de la joie dans ces moments-là même en présence de votre ex-conjoint ?


La joie : une émotion intense








On peut choisir l'alternance : l'un y va, l'autre pas. Ou chacun de son côté, si possible chacun à un bout de la salle, sans se parler, en feignant même de ne pas se voir. Tout est envisageable mais c'est alors plutôt inconfortable. Vos enfants seront heureux de vous voir tous les deux.  C'est ce qui nous est arrivé il y a 3 ans, pour le spectacle de fin d'année de cirque. La salle était grande et chacun de nous était à un bout sans se préoccuper de l'autre. Nous tenions à y assister tous les deux mais ne voulions pas vraiment échanger à ce moment-là. Ce fut un palier nécessaire puis les tensions se sont dissipées et nous assistons désormais aux spectacles assis l'un à côté de l'autre : le premier arrivé réserve la place pour l'autre. Si nous sommes parvenus à ce résultat, croyez-moi : vous pouvez aussi y parvenir !

Les conditions pour y parvenir : 

 

- faire attention à ses propres paroles : ne pas dire du mal de l'autre ni en public ni devant les enfants. J'ai assisté à de nombreux commentaires rageurs de la part d'une amie sur son ex-mari devant leurs enfants. Du genre : "ah tiens, il pense à vous aujourd’hui" ou  "profites en pour lui demander les sous de la dernière fois"... C'est ravageur pour les enfants. Ils sont pris à témoin et sont sommés de choisir leur camp implicitement. Les filles de cette amie n'ont plus aucun respect pour leur père ni pour aucun homme en général. Ils ont été rangés dans la même case de "bons à rien" par des paroles blessantes et répétées venant de leur mère, qu'elles ont reprises à leur compte. Bien évidemment cette amie ne retirait aucune joie du spectacle de cirque ni de n'importe quel autre évènement car "il" était là. 

- se respecter : l'autre et soi-même. Si on a besoin de prendre des distances, on le fait et inversement on respecte le besoin de distance de l'autre. Comme on sait que le "tu" tue, il vaut mieux parler de son propre ressenti. J'explique pourquoi j'ai besoin de ne pas te croiser à ce spectacle-là. Par exemple, au lieu de dire "tu me stresses", il vaut mieux reconnaître "je suis stressée quand tu es là en ce moment". On comprend bien que la phrase "j'ai du mal à supporter la présence de ta copine" sera bien mieux acceptée et comprise que la blessante question : "ta nana, elle est obligée d'être là ? " ou encore "t'es venu avec ta nouvelle conquête sexuelle ?". Ces exemples sont tirés de mon expérience personnelle et vous comprenez aisément que les phrases employées ne mettent pas toutes dans le même état d'esprit et n'auront pas les mêmes conséquences dans les relations. Pour résumer, comme le dit Paolo Coelho :  

"Ne laissez pas vos blessures vous transformer en quelqu'un que vous n'êtes pas". 

-  se rencontrer régulièrement pour régler les problèmes. Quand on a des enfants, on a toujours besoin de se parler pour se caler, pour échanger sur les décisions à prendre : la santé, l'éducation, les voyages scolaires, les activités, les achats de ceci ou cela....Je crois que pendant plus d'un an, j'ai préféré retrouver le père de mes enfants ni chez lui ni chez moi mais dans un lieu neutre : un bistrot quelconque. Au moins ce lieu n'était pas chargé émotionnellement. Je craignais son regard si ce n'était pas rangé correctement chez moi ou trop comme ci ou pas assez comme cela... Honnêtement je pense qu'il n'en avait rien à faire mais je le vivais comme cela. Et je n'avais pas envie de tomber sur les détails de son intimité en allant chez lui. Sans compter qu'il était hors de question pour moi qu'on se dispute devant les enfants. On règle nos problèmes entre adultes. Les enfants sont suffisamment doués pour se culpabiliser de notre séparation sans en rajouter, me semble-t-il. En tout cas, ces rencontres sont nécessaires et si elles ne sont pas agréables au début, elles permettent de régler les problèmes les uns après les autres. On avait essayé de voir une "accompagnatrice de couple" mais ce fut un échec pour  nous. Cela dit, se retrouver en présence d'un tiers peut permettre de renouer le dialogue. A chacun de trouver son mode opératoire et de s'autoriser d'en changer.

Pour quel résultat ? 

 

Il me semble que ces 3 conditions réunies permettent de créer des moments heureux où chacun peut ressentir une joie profonde et véritable. Nous avons ainsi organisé une fête commune autour de notre fille cadette. Je vous laisse imaginer sa joie d'avoir réunis autour d'elle ses deux parents divorcés, ses grands-parents des 2 côtés aussi, ses oncles et tantes et cousins/ cousines. C'est une grande chance que nous leur offrons et que nous nous offrons à nous aussi.  Je peux vous garantir que nous sommes bien plus joyeux et heureux que si nous étions restés renfermés dans notre rancœur et notre douleur. Faire des efforts pour discuter avec son ex, se mettre d'accord sans lui jeter sa haine au visage, c'est autant de force et de sérénité que nous nous offrons pour avoir une vie meilleure et plus belle. 
Le présent crée notre futur. J'ai pu le faire alors vous pourrez aussi. Croyez en vous ! Faites-vous ce cadeau-là :-)

Prenez soin de vous et de vos belles pommes d'amour !

Céline


dimanche 18 mars 2018

La séparation et les relations "annexes"

La séparation et les pertes relationnelles annexes

 

Partager la vie de quelqu'un veut dire partager ses amis et sa famille pendant plus ou moins longtemps, avant d'éventuellement en créer une. On ne partage pas que le quotidien : on partage les fêtes, les anniversaires, peut-être les vacances, les coups de fil, les visites, les décès éventuels...Bref on noue des liens.

La question est de savoir si se séparer veut dire : "je te rends tout et je repars avec ce qui m'appartient de mon côté, y compris mes relations."

 

En partageant la vie de quelqu'un, on a eu le temps de créer des liens bien à nous avec les uns et les autres. Et on n'a pas forcément envie de voir ces liens détruits parce que notre couple n'existe plus. 



Par exemple, la famille de mon ex-mari était très petite et nous avions créé des liens assez étroits avec son seul et unique cousin et la femme de ce dernier. Nous avions pris l'habitude toutes les deux de nous appeler régulièrement pour prendre de nos nouvelles respectives, pour échanger sur l'éducation des enfants. Leurs deux petits et nos deux ainées ont exactement le même âge, ce qui crée des liens tout au long des années. On se voyait peu mais de façon assez ritualisée : Noël et Pâques par exemple. Échanger sur les maladies des petits, sur les activités des grands, du rythme scolaire. Un peu codifié mais très agréable. Et nous étions pour beaucoup dans cette entente, nous les filles. Du coup, quand j'ai divorcé, je me suis demandée ce qu'il allait advenir de notre relation. Est-ce que j'avais le "droit" de l'appeler ? Est-ce que ça n'allait pas m'être reproché ? Plus exactement : est-ce que mon ex-mari n'allait pas prendre ce prétexte pour me faire tomber une avalanche de reproches dessus ? Est-ce qu'elle allait être d'accord de continuer à communiquer avec moi ?
Il peut paraitre bizarre de se poser la question, d'envisager qu'un lien puisse se briser entre deux personnes alors qu'entre ces personnes tout va bien.

La réalité de la plupart d'entre nous est souvent sans transition : rupture totale des liens dès l'annonce de la séparation du couple.

 

Si on examine ce qui se passe réellement dans la plupart des cas, c'est bien de coupure nette qu'il s'agit. On divorce, on se sépare et on rompt tout lien avec notre ex-belle famille. Est-ce envisageable de modifier cette réalité ? J'affirme que c'est possible et surtout souhaitable.
Soyons réalistes : les personnes dont nous subissions la présence seront évacuées de notre vie pour notre plus grand plaisir, voir soulagement ! Ne boudons pas notre plaisir :-)
Quant aux autres, faisons comme nous pouvons : sans baguette magique mais avec bienveillance et tolérance.

Notre réalité : l'effet miroir ! 


J'ai ainsi utilisé un truc qui m'a beaucoup aidé quand j'hésitais : je prenais un miroir virtuel et je retournais la situation. Est-ce que j'apprécierai si mon ex appelait ma sœur ou ma copine d'enfance ? Pour certaines de nos relations, la réponse est évidente : hors de question. D'ailleurs il n'y pensera pas lui-même.  Pour d'autres, on se dit pourquoi pas mais... J'examinais alors avec attention quelles étaient mes réticences et mes peurs et je gardais cette liste en mémoire quand je contactais un membre de mon ex-belle famille. 
Si vous avez un doute, ne dites rien. Restez superficiel. Par exemple, au début, je ne voulais absolument pas que mon ex sache qui je voyais et ce que je faisais de mes week-ends. Je devenais folle à l'idée qu'il puisse juger ce que je faisais donc je n'en parlais pas avec la femme de son cousin. Je restais évasive. En ce qui me concerne, la période de transition a duré un an. En gros au bout d'un an, avec mon ex-mari, nous avions réglé la plupart des problèmes. Nous avions chacun un lieu de vie et petit à petit les relations avec les uns et les autres se sont calées. Donc il me semble que ça vaut le coup de faire le gros dos pendant cette période de transition, de mettre en sourdine certains liens (je répondais si j'étais sollicitée et c’est tout). Puis vous pourrez renouer des liens distendus avec les personnes qui vous tiennent à cœur. Vous verrez plus clair à ce moment-là.

Pour résumer :
1. Rester bienveillant (et surtout envers soi-même)
2. Utiliser l'effet miroir dans ses relations
3. Garder de la distance 

Pour quels bénéfices ?
Soyons honnêtes : personne ne nous délivrera une médaille de bonne conduite, si ça se trouve personne ne se rendra même compte des efforts que nous avons fourni. Alors pourquoi le faire ?

- Pour être fiers de ce que nous voyons dans le miroir quand nous nous regardons (je suis ma plus belle pomme d'amour)
- Pour permettre à nos enfants de ne pas tout mélanger et de mieux comprendre qu'une séparation c'est la fin d'une histoire de couple et non le début d'une guerre clan contre clan.
- Pour comprendre soi-même au passage que notre séparation est une affaire de couple et non de clan ;-)
- Pour se permettre de garder des relations sympa avec des gens qui sont sympa :-)


Bref : je respire un grand coup et je me respecte : 
- ceux que je ne veux plus voir ni entendre : allez ouste hors de ma vie
- ceux à qui je tiens, je ne leur parle pas de mon ex ni de mes difficultés avec lui (ou elle) mais je garde contact. (On écrase la pomme de la discorde !)

La prochaine fois, je vous parlerai des réactions des personnes au sein de notre propre famille. Toute une histoire, n'est-ce pas ?!

Allez prenez soin de vous mes petites pommes d'amour 

Céline

mardi 13 mars 2018

La colère = une émotion comme les autres ?

La colère : une émotion naturelle ?

 

C'est la semaine du cerveau et c'est l'occasion de parler d'une émotion forte qui nous dirige souvent en cas de séparation : la colère.
C'est une émotion qui nous envahit totalement : elle est naturelle et involontaire. Elle est commune à tous les êtres humains. On peut se déculpabiliser de la ressentir : on est normal. Ouf ! Vous bouillez de colère contre votre ex ? C'est normal ! Rassurez-vous !




L'origine de cette colère nous est souvent claire et limpide. L’élément déclencheur est facile à identifier la plupart du temps. Cette émotion forte provoque chez nous une accélération du rythme cardiaque, une respiration alternée, éventuellement un grondement dans la tête. Bref c'est une réaction physique et psychique. Cette réaction forte et spontanée est déclenchée par un événement qui nous touche. Quelque chose qui nous fait bondir hors de soi.

Et c'est là que nous sommes différents : chaque individu réagit en fonction de son histoire. Ce qui va faire bondir l'un ne sera pour l'autre que broutille. Quand on est sous pression, et c'est le cas au moment d'une séparation, tout prend de l'ampleur. Nous avons du mal à nuancer. Nous sommes souvent à bout et nous explosons. Quelquefois nous nous trompons même sur la cible de notre colère.

 

Un exemple concret de colère avec une victime désignée 

 

En tout cas c'est ce qui m'est arrivé, il y a 3 ans, quand ma sœur et mon ex-mari se sont revus en famille, c'est-à-dire avec mes enfants, et ceux de ma sœur.Jusque là je trouvais ça très bien : les liens ont toujours perduré entre eux et ça permet à mes filles de voir leurs cousins que je sois présente ou non, et à mes neveux de continuer à voir leur oncle, donc mon ex-mari, vous suivez toujours ? ;-)
Aucun problème avec ça. Sauf que ce jour-là, pour une question toute bête d'organisation pratique (distance géographique et emploi du temps surchargé), la rencontre a eu lieu chez mon père. Et là, ce fut une explosion de colère de ma part. Je ne comprenais pas du tout. J'étais folle de rage. Il faut savoir que mon père, à ce moment-là, refusait de voir mon ex-mari. Il s'était mis en tête qu'il devait choisir entre lui et moi. Heureusement depuis tout s’est arrangé et ils se voient normalement à nouveau.
Sauf qu'en ce temps-là, comme disait am grand-mère quand elle me racontait une histoire, il était hors de question pour mon père de le voir ni même de lui parler. Ma sœur avait demandé la permission à mon père de le recevoir chez lui, en son absence, et mon père avait dit oui. Il n'avait peut-être pas osé lui dire non, je ne sais pas, peu importe. En tout cas il était absent de son domicile et avait autorisé la venue de mon ex-mari chez lui. Donc la rencontre a eu lieu chez lui et tout s'est bien passé. Où est alors le problème me direz-vous ?
Eh bien moi , je l'ai très mal vécu, comme une trahison.  J'étais furax ! Très en colère contre ma sœur qui fut alors la victime facile et désignée de ma colère. Colère sourde car je ne lui ai pas dis ce que j'avais sur le cœur immédiatement. Je peux vous garantir que ce ne fut pas agréable pour elle quand enfin je lui en ai parlé !

La colère : une émotion à exprimer mais avec des garde-fous 

 

Comme toute émotion, j'aurai dû savoir qu'il fallait l'exprimer pour la libérer mais sans l'envoyer au visage de quiconque, ici ce fut ma sœur qui en fit les frais. Je sais que je l'ai blessé et j'en suis désolée.  Tout cela partait d'un malentendu et d'une incompréhension mutuels. Elle ne comprenait pas où était le problème  les tensions de divorce lui sont inconnues.
Méfiez-vous de la personne à qui vous envoyez votre colère ! Ce n'est peut-être pas forcément la personne qui en était responsable. Et surtout notre colère parle de nous et non de celui ou celle qui en est la cause. Elle parle de notre réaction face à un événement précis, de notre incapacité à l'absorber sereinement. 
J'ai eu de la chance de ne blesser que ma sœur ce jour-là, car je n'ai pas utilisé les réseaux sociaux pour exprimer ma colère. Mes paroles étaient pour elle et seulement elle. Publier un billet d'humeur sur Instagram, Facebook ou sur tout autre réseau social défoule, c'est une certitude. Mais alors nous multiplions nos victimes potentielles. En généralisant nos propos, par exemple "toutes les nanas sont" ou "tous les mecs font"... nous voulons prendre le monde à partie que nous sommes victimes d'une machination mondiale mais il n'y a que nous pour le croire ! Notre colère ne provoque pas l'adhésion des foules, et peut même nous tourner en ridicule. Je me souviens de la colère de Ségolène Royal lors de la confrontation télévisée avec Nicolas Sarkozy lors du 2e tour de l'élection présidentielle en 2007 : elle fut la risée du public...

Je vous raconte tout ceci pour vous inciter à ne pas reproduire mes propres erreurs. Mettez-vous en colère si vous voulez, mais ne prenez pas un haut parleur pour l'exprimer ;-) Non ? Qu'en pensez-vous ?

Allez prenez soin de vos petites pommes d'amour ! 
Et prenez soin de vous :-)

Céline

mardi 6 mars 2018

La communication entre adultes

Communiquer entre adultes quand on se sépare : 

un défi à relever !

 

Le propre du divorce ou de toute séparation est de constater un déséquilibre entre deux individus, un déséquilibre si grand qu'ils ne peuvent envisager de poursuivre leur vie ensemble. 

 

Qui n'a jamais ressenti cela ? Ce déséquilibre qui crée un gouffre entre les anciens amoureux, entre nous deux. On s'était choisis parce qu'on avait les mêmes rêves, les mêmes envies, on regardait ensemble dans la même direction.

"S'aimer ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder dans la même direction" 
Antoine de Saint Exupéry



Seulement voilà, le temps a passé et l'amour s'est progressivement effacé. Maintenant nos regards sont tournés vers des horizons bien différents. Nos objectifs ne sont plus les mêmes, nos priorités non plus. Nous ne partageons plus les rêves, ni même la façon de voir le monde. Notre séparation entérine le fait que la communication ne passe plus entre nous deux. Et là, ça coince !

La communication entre adultes : tout un art


Entre deux personnes neutres, j'entends par là sans lien d'amitié ni même d'amour, il est quelquefois difficile de se comprendre car nous n'avons pas les mêmes références. Entre deux individus qui se sont aimés et qui se séparent, les références mutuelles abondent et peuvent être la source de non-dits, de malentendus ou de silences gênés qui se multiplient. Il est difficile de séparer l'affect du message. 
 

L'art d'émettre un message 


Un message comporte toujours 4 côtés du point de vue de l'émetteur : 
- l'information brute
- un appel de l’émetteur envers le récepteur (il attend une réponse et surtout une réaction de sa part) 
- une révélation sur l’émetteur : il révèle quelque chose de lui par ce message
- une relation : le message donne une indication sur le lien, la relation qui existe entre l'émetteur et le récepteur.
Selon ce qu'il désire mettre en avant, l'émetteur du message met l'accent sur tel ou tel aspect de ce message, mais ce n'est pas forcément clair. Or bien souvent, ce qui est essentiel est dans l'implicite car l'émetteur peut alors se retrancher derrière un "non je n'ai pas dit ça". C'est plus confortable que d'assumer  ce qu'on a volontairement induit. Et quand ce n'est pas clair, il y a embrouille ;-) 
J'aimerais attirer votre attention sur le message embrouille en cas de séparation, et l'ironie rentre dans ce cas. Il me semble qu'il est difficile et surtout dangereux de manier l'ironie à ce moment-là, voir une certaine forme d'humour. Il vaut mieux se contenter de formuler l'information brute pour obtenir une réponse tout aussi brute. Une information brute n'est pas brutale pour moi. Elle évite bien des embrouilles.
Donc on fait attention à ce qu'on dit, on veille à se préserver des sous-entendus douteux, des implicites pernicieux. On reste factuels et centrés sur l'information proprement dite. On explicite notre message autant que possible.

L'art de recevoir un message


Par ailleurs, un message est diffusé à l'attention de quelqu'un et celui-ci peut le recevoir avec 4 "oreilles" différentes. 
- une oreille qui entend l'information brute
- une oreille révélation : en lien avec quelque chose qui le révèle
- une oreille relation : le récepteur entend l'information sous l'éclairage du lien qui l'unit avec l'émetteur
- une oreille de l'appel : dans tout ce qui se passe, il entend de l'action à faire, il cherche la mission qu'il peut remplir dans un propos anodin.

Par exemple, prenons un couple en voiture, arrêté à des feux de signalisation dont la couleur passe au vert. Monsieur conduit, Madame est passager. Et dit "Le feu est au vert".
Si Monsieur entend avec l'oreille information brute, il entend "le feu est vert". Et se dit "Oui en effet, c'est sa couleur".
S'il l'entend avec l'oreille révélation : (ce que ça révèle de l'émetteur), il entend "elle est pressée"
S'il a l'oreille de l'appel ou de l'action, il entend "démarre".
Et s'il a l'oreille relation, il entend "puisque tu ne le vois pas, je te signale que le feu est vert" et selon la qualité de la relation, il répondra "Ah oui excuses-moi, je n'avais pas vu" ou bien "c'est toi ou c'est moi qui conduit ?" car la remarque l'aura renvoyé à l'implicite "tu ne sais pas bien conduire puisque tu ne réagis pas au changement de couleur.."

J'espère vous avoir fait prendre conscience qu'il est normal que la communication entre deux adultes ne soit pas aisée. Elle est difficile quand on se sépare, quand on est divorcé car on a un passif commun, une histoire commune, des références et des mémoires communes : autant de raisons de s’attacher à émettre ou recevoir une information avec la seule connotation de "relation". On se dégage de toute culpabilité, on oublie l'appel (quelle est ma mission quand j'entends ça ? ) ou la relation (quel est le reproche sous-jacent ?) ou la révélation du message (quel est le point faible qu'il/elle vient de me dévoiler et que je vais pouvoir exploiter ? ). On se focalise sur l'information et rien que sur l’information.
En restant vigilant à s'attacher à l'information brute, et non essayer de savoir ce qu'il ou elle a voulu dire par là, on s'évite bien des tourments et des tensions. En bref, on évite de s'étrangler en avalant un morceau de la pomme de discorde. 
 
Alors j'espère que ce MESSAGE aura été clair pour vous ! Faites-le moi savoir ... 
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A bientôt, et surtout prenez soin de vous !

Céline