samedi 25 août 2018

Vidéo : quelle personne souhaitez-vous devenir ?

Après notre séparation : quelle personne souhaitons-nous devenir ?

 

Je vous invite dans la vidéo suivante à prendre un temps d'introspection pour vous demander quelle personne vous souhaitez être ou devenir. 




Le temps après la séparation est un temps incertain où nous peinons quelquefois à trouver nos marques. Tout est à réinventer.  Il me semble que s'appuyer sur la personne que nous souhaitons devenir pour nous montrer le chemin de nos attitudes et de nos actes est un excellent moyen d'y parvenir. Ce n'est pas gage d'atteindre notre but ni de réussite garantie mais c'est un moyen d'emprunter le bon chemin en tout cas. 

Alors n'attendez-plus ! Agissez et prenez soin de vous !

Céline 



mardi 21 août 2018

Les étapes de la séparation : 3e étape : la tempête des émotions

La tempête des émotions : la période après l'annonce de la rupture

 

Lors de mes deux précédents articles, je vous ai décris  les deux premières étapes d'une séparation. La première est le cheminement intérieur tumultueux  qui conduit à l'annonce de la rupture. Annonce qui est  la 2e étape. 
Maintenant que la séparation est confirmée, c'est dorénavant le temps de la survie émotionnelle. 

La 3e étape est celle de la tempête des émotions

 

Il faut gérer la dualité : faire face tous les jours aux exigences de notre nouvelle situation alors que nous sommes dans un état de souffrance plus ou moins intense. Se concentrer pour trouver une nounou, se libérer du temps pour trouver un logement susceptible de nous accueillir correctement avec nos enfants tout en restant dans notre fourchette de prix, gérer les plannings, tenir face aux avocats, aux enfants, aux collègues, à notre ex...alors que nous sommes submergés par l'impression de ne jamais pouvoir y arriver. Les tâches les plus banales et anodines nous demandent tant d'efforts ! J'avais l'impression personnellement d'avoir la tête dans du coton. Je changeais d'humeur du jour au lendemain, au gré des circonstances, voire même d'une heure à l'autre.. Mon angoisse se traduisait par de grandes insomnies. C'était d'ailleurs la même impression que lors du décès de ma mère et je me sentais coupable de ressentir cela alors qu'il n'y avait pas mort d'homme cette fois. J'ai compris bien plus tard que ces émotions sont normales aussi pour une séparation car on a plusieurs deuils à faire : celui du couple, de la famille, du logement familial, de la vie idéale....
On est tellement envahi par nos émotions si contradictoires qu'on se sent perdu et sans valeur. 

Heureusement c'est une période tout à fait normale et il faut bien le dire à ceux qui vivent actuellement cette tempête : elle va passer ! On a besoin de temps pour cicatriser, pour dépasser ce traumatisme qu'est la séparation ou le divorce, mais ça ne dure pas !

Le meilleur moyen que je connaisse est , non pas d'ignorer nos émotions, mais de les accueillir et de les accepter. Les refouler ne les fait pas disparaitre. Chaque émotion que nous ressentons nous permet de nous connaître un peu mieux.  Reconnaître, savoir, c'est le début de l'acceptation.

Je fais ici le tour des 5 principales émotions qui nous submergent alors pour mieux les cerner, les comprendre et pouvoir les dépasser.

La peur : je crois que c'est le sentiment le plus présent lors d'une séparation car elle est le résultat de la perte du sentiment de sécurité. 

Or la fin du couple fait voler en éclats les fondations de notre vie d'adulte. Le sentiment de sécurité qu'on avait construit petit à petit a explosé avec cette rupture et on se retrouve seul(e) et vulnérable. C'est normal alors d'avoir peur car on est sans cesse confronté à l'inconnu : il faut s'occuper de la procédure de divorce, il faut vendre son logement, en trouver un adapté... et la peur augmente si l'on a des enfants. 
Cette peur nous empêche de penser, elle paralyse notre capacité à prendre des décisions censées. On a peur alors on risque d'opter pour la stratégie de l'autruche qui plonge la tête dans le sable : on ne  regarde pas les problèmes et on ne se renseigne pas sur les options qui s'offrent à nous. De temps en temps, il est bon de se faire aider pour avoir les adresses de personnes ressources : des personnes compétentes dans leur domaine. Mais je me méfie beaucoup des conseils de nos proches, souvent trop impliqués émotionnellement pour bien nous conseiller.
C'est le pourquoi de ce blog : quand je me suis séparée de mon ex mari, j'ai été frappée par l'agressivité de mon entourage et la société dans son ensemble. C'est comme si cela faisait plaisir à tout le monde si les choses dégénéraient entre nous, amplifiée par l’intérêt financier des avocats. Je veux expliquer ici qu'il est possible de bâtir une relation autre et positive pour tous : soi, son ex et les enfants. Ceux qui me connaissent savent que c'est ce que nous faisons tous les jours. C'est un chemin que nous pouvons tous emprunter. L'état d'esprit dans lequel vous envisagez votre séparation et les années qui suivent est déterminant et peut changer. Ce n'est pas parce que vous avez commencé votre séparation dans un état conflictuel que vous ne pouvez plus changer les choses. Au contraire : rien n'est figé quand il s'agit des émotions humaines !
Alors première action que nous pouvons faire : nommer notre peur. C'est un bon moyen pour se dégager progressivement de son effet. 


La colère : quand on a l'impression que l'autre n'a pas fait ce qu'il fallait pour sauver notre couple, la colère, le ressentiment ou la rancœur sont courantes.

On ressent alors du rejet, le sentiment d'avoir été abandonné(e) ou trahi(e)  ou les deux à la fois. On a été incompris(e). Le fait d'avoir l'impression que l'autre a conspiré dans notre dos ou continue à le faire, de se sentir humilié(e), impuissant(e) ou honteux, tous ces sentiments peuvent générer de la colère en nous.  La colère est très mauvaise conseillère car elle peut être à l'origine d'une dynamique de disputes incessantes. Le risque est alors que la procédure de divorce ne finisse jamais car on est dans une lutte qui s'auto-alimente. Si on ressent de la colère de façon transitoire, cela peut nous aider à passer de l'amour au désamour, elle peut aussi être une façon de se protéger. Mais quand elle s'installe, c'est un moyen de perdurer le lien avec son ex et c'est surtout un moyen de s'empoisonner la vie, notre propre vie. La haine conduit à la haine. Sous le coup de la colère, on peut agir de la pire façon : détruire ce à quoi tient l'autre, le harceler au téléphone, chercher à lui faire du tort, et surtout le diminuer dans les yeux des enfants.  Utiliser les enfants pour nuire à l'autre est facile mais tellement destructeur pour eux !
La colère est néfaste pour nous mais en plus elle a un impact fort sur notre entourage. On projette notre mauvaise humeur sur nos enfants, nos collègues, nos amis qui à force s'éloignent de nous. Avez-vous déjà fait l'expérience de côtoyer quelqu'un enfermé dans sa propre colère ? Cette personne perd rapidement tout attrait à nos yeux ...Je vous invite à méditer là-dessus si vous vous sentez souvent en colère contre le monde entier.
On peut ressentir aussi de la colère devant le bonheur des autres et c'est ce qui est souvent le plus difficile à comprendre pour les autres. Ce n'est pas l'image de leur bonheur qui nous déplait, c'est l'image de ce qu'on a perdu qui nous est insupportable.

Comment faire pour dompter cette colère ?
Cela demande un réel effort pour apprendre à la maîtriser. Et cela commence par la reconnaître. Elle fait partie du processus de séparation et est normale. Le meilleur moyen de contrôler la colère est de l'exprimer par des mots. Nos meilleurs alliés sont alors ceux qui peuvent l'entendre sans nous juger pour autant. A nous de fuir ceux qui l'entretiennent et qui jettent de l'huile sur le feu. Et soyons honnêtes : les personnes qui peuvent entendre notre colère sans la juger ni l'amplifier ne sont pas nombreuses mais elles existent ! A nous de nous appuyer sur elles. Exprimer sa colère ne veut pas dire s'autoriser à tout dire, et surtout pas devant les enfants qui prennent tout pour argent comptant. Reconnaître notre souffrance et notre colère en cette période de séparation et de deuil à faire réduit leur impact et leur force.
Par ailleurs si on parvient à entendre la colère de l'autre, celui ou celle dont on vient de se séparer, sans chercher à argumenter systématiquement ni à la minimiser alors c'est un message d'ouverture que nous lui envoyons. Le dialogue sera à nouveau possible progressivement entre nous deux. Le fait d'identifier nos propres peurs vis-à-vis de cette nouvelle relation à inventer permet de connaître mieux notre colère et de l'atténuer.
Au début, je ne pouvais envisager de discuter avec mon ex chez lui ou chez moi, alors on s'est régulièrement retrouvés seuls dans un bar, où l'on pouvait librement exprimer nos sentiments sans avoir l'impression de souiller notre habitat ou d'en ressentir les mauvaises ondes. Exprimer notre colère c'est aussi nous donner les moyens pratiques de le faire en se préservant.

La tristesse : le sentiment qui va le plus de soi quand on est quitté, mais qui est le moins accepté quand on est à l'origine de la séparation.

Notre tristesse pendant cette période est très importante et normale. Même si le mot fait peur, on peut parler de dépression. C'est un temps d’acceptation de la perte de la relation et de tout ce qui va avec. On est en proie à des insomnies, des troubles de l'appétit, une grande difficulté à se concentrer au travail. On ressent des difficultés à envisager l'avenir de façon positive, on se dévalorise beaucoup, on n'a plus envie de sortir de chez soi....
Évidemment tous ces troubles sont variables dans le temps et d'un individu à l'autre mais on les ressent tous et c'est normal. Et surtout : ils vont passer !
La réaction de l'entourage à notre tristesse varie en fonction de leur perception de qui est à l'origine de la séparation. C'est comme si celui qui "subit" a le droit d'être triste et pas celui qui est à l'origine de la rupture : comme si on rejetait la responsabilité sur un seul des deux et qu'on lui reniait en plus le droit de se sentir triste et donc lui aussi de faire le deuil de la relation ! Et là je dis attention : cette attitude est très destructrice à long terme. Les responsabilités sont partagées et chacun a un travail de deuil à faire. Je sais que cette phrase peut choquer certains d'entre vous mais je suis profondément convaincue de sa véracité. Par commodité, j'ai laissé croire que c'était mon ex qui avait pris l’initiative de notre séparation, (ce qui d'ailleurs est vrai car c'est lui qui a dit "stop") pour qu'on m'octroie le droit de me sentir triste alors que c'est moi qui avait une liaison extra-conjugale et donc qui peut être considérée comme à l'origine de notre séparation ! Nous ne sommes jamais dans la tête des autres alors attention à ne pas nier des sentiments importants.  Chacun pourra alors faire son propre deuil à son propre rythme.


La culpabilité : c'est le plus paralysant de nos sentiments à mon avis.

On relit sans cesse le passé et on trouve alors toujours des raisons de se reprocher notre attitude, nos paroles. Cette relecture est totalement vaine et bloquante : on ne réécrit pas le passé. Personne n'en a le pouvoir. Et en plus elle a comme effet de nous tétaniser à l'idée de reproduire les mêmes erreurs. On affaiblit considérablement notre estime de soi en agissant ainsi, et bien souvent on s'autopersuade qu'on est incapable d'être heureux. Il est alors bien difficile d'envisager une autre rencontre amoureuse ou de savoir la gérer si elle se présente !
Bien souvent cette culpabilité s'accompagne d'une envie de se racheter auprès de son entourage ou de ses enfants, et nous porte à adopter une conduite excessivement permissive ou dispendieuse.
En revanche si on parvient à en discuter avec son ex-conjoint(e), en faisant fi de son amour-propre, la qualité de notre relation post séparation s'améliore. On gagne en apaisement et en estime de soi.

L'envie de revenir, de recoller les morceaux ?

C'est un sentiment qu'on ressent souvent mais il est rarement lié à un amour profond, plutôt lié à tout un tas d'habitudes, à nos peurs concernant les conséquences de la rupture ou encore à notre incapacité à supporter la solitude. On se demande ce que fait l'ex- conjoint(e), à quoi il ou elle pense, qui il ou elle rencontre... Ses pensées peuvent tourner en boucle dans notre tête : c'est qu'on a du mal à accepter la réalité de la séparation. Notre entourage peut avoir l'impression qu'on radote, mais cela fait partie du processus. Non, vous n'êtes pas folle ou fou ! Faites confiance au processus : cela va passer. 

 Une 3 étape agitée et qui conditionne la suite 


Cette 3e étape correspond souvent à celle des procédures judiciaires si l'on était mariés. Il est donc compliqué de gérer à la fois nos intérêts et nos émotions. C'est pourquoi il vaut mieux mieux bien se faire conseiller, aider par des professionnels compétents. Il est important de savoir ce qu'on peut faire pour prendre les bonnes décisions et ne pas se laisser guider uniquement par nos émotions.
Par exemple si on aborde le divorce avec l'intention de faire payer notre ex-conjoint(e), de se venger de lui ou d'elle, on ne pourra créer que du négatif.  On a tout intérêt à identifier nos émotions, et donc commencer par les accepter pour pouvoir les gérer : est-ce que je ressens de la colère, de la peur, de la culpabilité ? Grosso modo cette 3e étape prend un an. Au-delà il vaut mieux se faire aider par un professionnel pour passer ce cap et pouvoir enfin envisager la 4e étape : celle de la convalescence, que j'aborderai dans un prochain article.

Alors dites-moi : quel est le sentiment qui vous bloque le plus en ce moment ? Avez-vous bien identifié toutes vos émotions ? Je suis vraiment curieuse de connaître votre ressenti à ce sujet. Sentez-vous libre d’échanger avec la communauté des gens qui vivent une séparation plus ou moins lointaine et douloureuse, en laissant un commentaire, anonyme ou non, sous cet article. J'ai créé ce blog pour vous aider aussi à briser votre solitude :-)

Allez prenez soin de vous et de vos belles pommes d'amour !
A très bientôt
Céline

dimanche 12 août 2018

Vidéo : une porte à franchir

La séparation et la nécessité de se dépasser 





Une question que l'on se pose souvent en cas de séparation : vais-je réussir à franchir cette étape ? Vais-je oser franchir cette porte ? Aller plus loin sur mon chemin ? Dépasser le stade de la rupture pour prendre soin de moi ? Voici une vidéo qui vous invite à vous poser ces questions et surtout à dépasser vos peurs.


 


Osez franchir vos propres portes ! et tenez-moi au courant...

Céline

dimanche 5 août 2018

L'annonce de la rupture : comment gérer positivement cette étape ?


Comment mieux vivre sa séparation en cernant les étapes du  processus de séparation.

Lors de mon précédent article, je vous ai parlé des 5 étapes clés lors du processus de séparation. Je continue cette exploration car je pense que cela vous permettra de mieux comprendre où vous en êtes dans votre propre chemin et de mieux reconnaître vos propres émotions pour tenter de mieux les maitriser. C'est aussi très rassurant de comprendre que ce que vous ressentez fait partie d'un processus normal.


1ere étape : un stress intérieur et des doutes renouvelés

J’ai longuement décris la 1ere étape qui est celle du cheminement intérieur, celle des doutes et des questions. C’est une période de grand stress psychologique car on hésite entre rester et partir. On sent qu’il y a un décalage dans le couple mais on fait comme si tout allait bien. Et pourtant on a du mal à se projeter dans un avenir commun, on aimerait se détacher de notre compagnon dans le regard des autres, mais nous sommes bloqués dans notre décision. Quitte même à attendre un signe extérieur qui tarde à venir.
Le silence de celui qui se questionne intérieurement n’est pas à interpréter comme une envie de faire mal mais plutôt comme le signe d’une bataille intérieure dont il souhaite préserver son partenaire. C’est difficile à vivre pour les deux.


On peut alors envisager 3 solutions :
-changer la dynamique de la relation : en prenant  des résolutions importantes alors qu’on y croit plus. Par exemple on se marie pour sauver son couple, on fait un enfant ou on s’investit à fond dans la rénovation de la maison. C'est une solution très risquée car elle ne résout aucun des réels problèmes.

-changer son partenaire : on a tendance à croire que c’est lui ou elle qui est à l’origine de nos problèmes. Mais on se heurte à une différence de perception. Vous savez pourquoi vous voulez le changer, lui ou elle ne comprend pas. On n’est pas toujours clair sur ce qu’on dit à l’autre, sur ce qu’on attend de lui et surtout pourquoi. Nos premières tentatives sont tellement timides, parce qu’on se croit limpide comme de l’eau de roche alors qu’elles sont maladroites et qu’elles passent inaperçues. Ça ne fait qu’amplifier notre décalage.

- se changer soi : on va alors chercher ailleurs que dans le couple tout ce qui nous manque. On est guidé par notre envie d’être heureux. Mais souvent au lieu de réfléchir vraiment à ce qui nous définit, et à ce qu’est le bonheur pour nous, on se noie dans un tourbillon de nouvelles activités dont nous excluons notre partenaire, pour nous créer un jardin personnel où nous pouvons respirer. Cela pourrait être une bonne idée mais le contraste entre notre bonne humeur à l’extérieur fait ressortir le quotidien trop terne de la maison.

Que faire alors ? Selon moi, la seule réelle solution à long terme est d’améliorer la communication avec son partenaire. Il faut sortir du silence, de sa carapace pour faire évoluer la situation avant qu’elle ne devienne explosive. Peut-être est-ce le moment d’aller voir un psychologue, un conseiller conjugal. Parler à ses amis de ses difficultés, c’est bien pour soi, mais parler au principal(e) intéressé(e) c’est mieux pour le couple. Et ce sera la seule solution pour sortir de l’impasse. Aucune garantie de succès mais en tout cas vous mettez plus de chances de votre côté.


 Après les hésitations, la 2 étape : l'annonce de la rupture 



Si toutes les tentatives d’amélioration de la relation ont échoué alors vient le temps d’annoncer la rupture à son conjoint(e) .

Au bout d’un moment, très variable pour chaque personne, le vase déborde et la décision s’impose à nous : cette fois c’est la rupture. On en peut plus faire autrement que s’y résigner ou on a peut-être enfin la capacité de s’assumer seul(e). Que les deux partenaires partagent la même impression d’être allés au bout de la relation, ou que l’un des deux découvre brutalement la situation, il n’y a aucun moyen d’échapper au stress de cette annonce. C’est toujours un moment pénible pour les deux partenaires. Au-moins peut-on préserver l’autre de notre lâcheté et du risque de l’apprendre par une tierce personne, en lui annonçant nous-mêmes.

Quand on se sent en position de force, par exemple parce que c’est nous qui avons pris la décision de partir, il vaut mieux éviter d’alourdir la charge sur les épaules de l’autre en l’assenant de reproches, même s’ils sont justifiés. D’une manière générale, il vaut mieux parler en son nom et employer le « je ». Je l’ai déjà dis : le « tu » tue. J’explique ce que je ressens, mes besoins, mes aspirations, mes déceptions aussi. De toute façon chacun repartira avec un fort sentiment de culpabilité. Coupable de ne pas avoir vu venir, de ne pas avoir su rendre son partenaire heureux, coupable de quitter, coupable d’agir ainsi malgré…, coupable de briser la famille.

On se trouve plongé dans un état de stress important avec une forte sensation de vertige, de perte de contrôle de sa vie. J’ai eu l’impression personnellement que le ciel me tombait sur la tête, que tout ce en quoi je croyais s’était évaporé d’un seul coup, de ne plus avoir de repères du tout. Le choc émotionnel lors de l’annonce de la fin d’un couple est d’autant plus violent qu’on pense à toutes ses conséquences sur les enfants, la famille, les amis, la maison, le travail... Quelquefois le choc est tel qu’on refuse d’en entendre davantage, d’écouter. C’est une façon de se préserver du trop plein d’émotions.

La peur panique de la séparation peut conduire à nous faire accepter tout et n’importe quoi. On se remet en cause personnellement et on se surveille comme le lait sur le feu pour plaire à tout prix à son partenaire . Mais c’est un stress qui épuise nerveusement et qui conduit forcément à l’échec donc aussi à une perte de de confiance en soi, à un découragement voire à une déprime.
On peut essayer la solution d’une séparation provisoire, comme un temps de respiration nécessaire à chacun pour digérer ses émotions. C’est dangereux car chacun des partenaires peut prendre goût à l’aventure en solitaire, loin de toute pression ou rencontrer quelqu’un d’autre. Mais ça peut marcher, en particulier si les deux conjoints se mettent bien d'accord sur les conditions de cette séparation provisoire et du retour à la vie commune.



J’ai déjà parlé lors d’un précédent article de la manière de l’annoncer à ses enfants, ensemble et dans un climat apaisé. Ce n’est pas le moment de régler ses comptes. On parle en tant que parents et non en tant que femme ni en tant qu’homme.

Comment gérer l'annonce à la famille ?


Dans les ouvrages consacrés au sujet, peu parlent de l’annonce à la famille. Or c’est souvent un moment très redouté, bien plus que l’annonce à ses collègues ou ses amis. Certains le repoussent même jusqu’à son déménagement effectif. Il me semble important de revenir sur l’annonce aux proches car la réaction de la famille conditionne beaucoup la relation des ex-conjoints après la rupture.

Voici quelques craintes que nous pouvons ressentir à ce moment-là :

-         - on a peur de leur faire de la peine. Ils nous voyaient sous notre meilleur jour et s’entendaient si bien avec notre compagnon !

-          - on appréhende de se présenter en situation d’échec, là où eux ont si bien réussi. On peut même se sentir honteux.

-          - on a la crainte de les décevoir. Ils avaient mis tant d’espoir en nous !

-          - on appréhende de réactiver un conflit avec un de nos frères ou sœurs à ce sujet, ou une compétition qui dure depuis notre enfance.  « Ton frère a bien réussi, lui, à gérer ses problèmes, comme d’habitude, et pas toi. »

-          - on a peur de leurs commentaires sur notre façon de mener notre vie, ou leurs conseils et intrusions dans notre vie. Ceux-ci peuvent être très pesants au moment où nous sommes très émotifs.

Entre leur accompagnement sans faille et leur condamnation sans appel, tout est possible. Par exemple mon père a refusé de revoir mon ex-mari pendant de nombreuses années, celui de ma cousine reçoit son ex-gendre mais refuse de croiser sa propre fille. La palette de réactions de la famille est large mais teinte les relations entre ex de plus ou moins de fluidité. S’entendre dire par exemple qu’"il était temps que tu quittes ce vaurien" ne va pas dans le sens d’un apaisement des relations. Je vous engage donc à faire le point sur la réaction de votre propre famille, vos proches et d’examiner de quelle manière cela a pu détériorer vos relations avec votre ex. Histoire de se réapproprier sa propre histoire…

Voilà quelques éléments pour comprendre cette 2e étape clé du processus de séparation. On voit que pour qu’elle ait lieu dans des conditions acceptables pour tous, il faut reconnaitre sa propre part de responsabilité, essayer de comprendre son conjoint(e) et accepter de faire les efforts nécessaires. Cela ne va donc pas de soi et demande du temps. Courage ! 
Et vous, quel est le point qui vous demande le plus d'efforts ? N'hésitez pas  à laisser votre commentaire sous cet article, pour partager votre propre expérience avec la communauté des gens qui vivent la même chose que vous.

Je vous renvoie par ailleurs à la lecture de l’ouvrage du professeur Christophe Fauré Le couple brisé qui m’a inspiré cet article, si vous voulez en savoir davantage.

J'aborderai lors d’un prochain article la façon dont nous gérons désormais la rupture consommée. Comment nous faisons pour gérer la suite de notre séparation avec nos émotions actuelles ?




D’ici là, prenez bien soin de vous !
Céline

lundi 30 juillet 2018

Le bonheur : se séparer et être heureux est-ce possible ?

Être séparé(e) et heureux : une incompatibilité ? 


Je vous invite à vous poser la question de VOTRE bonheur à travers cette courte vidéo.
 
 

Alors mes amis, comment entendez-vous VOTRE bonheur ? N'hésitez pas à me le dire !

Prenez soin de vous et de vos belles pommes d'amour !

Céline

samedi 21 juillet 2018

Une boussole dans le processus de séparation

Un guide dans vos interrogations : les étapes clés d'une rupture


Tout ce que j'ai pu vivre, j'essaie de vous le retranscrire à  travers ce blog pour vous faire partager un peu de mon expérience et vous donner des clés pour vivre votre propre séparation le plus sereinement possible. Il est vain de croire que je pourrai détailler absolument toutes les étapes et les processus que vous allez traverser car chacun part de là où il en est avec ce qu'il a comme bagage pour vivre sa propre expérience. Nous n'avons pas tous les mêmes croyances, les mêmes peurs ou les mêmes difficultés.
Mais avoir comme une boussole qui indique le chemin m'aurait été d'un grand guide au moment de mon divorce, aussi c'est ce que je me propose d'être pour vous.

En moyenne il nous faut entre 1 ans 1/2 et 4 ans pour nous remettre complètement d'une rupture. C'est le temps qu'il nous faut pour trouver un autre équilibre intérieur et réorganiser sa vie différemment. Je vais vous accompagner dans ce processus de séparation. J'ai appris que celui-ci recouvre des périodes difficiles et qu'il faut les admettre. Vouloir les nier en allant trop vite, en brûlant des étapes est voué à l'échec : on risque même d'amplifier sur le long terme le mal-être ou la souffrance plus ou moins aiguë que nous ressentons au début et que nous cherchons à atténuer.

5 temps forts à identifier


J'ai ressenti 5 moments clés pour mes émotions lors de ma séparation et je les ai retrouvés dans le livre  Le couple brisé du Professeur Christophe Fauré, que je vous invite à lire si cela vous intéresse d'approfondir la question. C'est pourquoi je vous en fais part car il me semble que savoir se situer parmi eux et les connaître dans leurs grandes lignes donne un repère réconfortant. Un peu comme lorsqu'on grimpe un escalier dont on ne voit pas la fin, avec des marches et des paliers plus ou moins raides ou longs...



- Le 1er c'est le temps des doutes et des questions, le chemin interne sinueux avant que l'un des deux compagnons ne se décide à mettre un terme à la relation.
- Le 2nd est l'annonce de la rupture : c'est alors le choc et l'incrédulité pour l'autre. Il correspond aussi au début du travail de deuil.
- Le 3e est le temps de la tempête émotionnelle du couple qui gère cette séparation avec plus ou moins de colère, de peurs, de culpabilité ou de détresse...
- Le 4e moment clé est le temps de convalescence après le traumatisme de la séparation.  Si j'emploie ce terme c'est à dessein. Savez-vous que pour les médecins une séparation est potentiellement plus traumatisante qu'un deuil ? C'est un événement majeur dans la vie d'une personne, même s'il est galvaudé dans notre société de consommation. Sans vouloir faire de comparaison macabre, il est quand même intéressant de noter qu'il faut en moyenne 4 ans pour se remettre du décès de notre conjoint : on n'en est pas loin avec la séparation. Il faut donc la considérer avec sérieux, même quand elle se passe bien.
- Le 5e moment clé est le temps de l'ouverture vers le futur. On redéfinit notre regard posé sur le monde, sur les autres et sur nous-mêmes. 

Exploration du 1er temps fort : le questionnement intérieur qui précède la séparation

 C'est le moment où on pense avoir tout ce qu'il faut pour être heureux mais qu'au fond de soi quelque chose ne va pas. C'est la sensation d'un malaise persistant mais intermittent selon les jours. Certains jours il est très présent, d'autres absent. Du coup on hésite à en faire part à notre compagnon de vie car il est incertain et difficile à expliquer. Alors on doute et on se tait. On a peur de se tromper mais on a peur aussi des conséquences. On s'impose le silence. C'est exactement ce que j'ai fais : je n'ai pas partagé mes doutes avec mon ex-mari préférant les faire taire de force. Mais il n'y a rien à faire : le travail silencieux est en route et le fait de ne pas écouter notre petite voix ne la fait en rien disparaitre. Certes c'est protecteur à court terme, du-moins c'est notre illusion, mais c'est très couteux à long terme. Taire la petite voix qui nous dit que quelque chose ne va pas est le meilleur moyen de se couper de ce que nous sommes réellement, de ce qu'on ressent au plus profond de soi. On est obligé de mobiliser de plus en plus d’énergie pour préserver cette illusion que tout va bien pour nous dans le meilleur des mondes.
On hésite à parler car on redoute de provoquer un processus de non-retour. Et après tout, si on est capable de partager quand même de bons moments, n'est-ce pas le signe qu'on l'aime toujours ?
 A force de nier les problèmes, de ne pas vouloir les voir ni les affronter, nous les amplifions car nous nous privons de la possibilité de les régler réellement. Au lieu d'en parler à deux, nous nous étiolons seul(e) et l'usure de la relation arrive lentement mais sûrement à son point de rupture. Alors que notre compagnon n'est toujours pas au courant de toutes les interrogations qui nous tiennent éveillé(e)...
Quand le doute s'installe en nous, c'est qu'il est encore temps de proposer des changements, des solutions, des aménagements...c'est qu'on a encore envie de "se battre pour sauver son couple", même si j'ai horreur de cette expression personnellement. 

C'est lors de cette étape que finalement l'avenir du couple se joue : notre partenaire ne vit pas dans notre tête et si nous ne trouvons pas les mots pour lui dire, il continuera d'ignorer tous nos tourments. Un déséquilibre se crée dans le couple et c'est notre faculté de communication et notre façon de réagir qui permettra à notre couple d'évoluer ensemble ou de rompre.
Tous ces questionnements sont comme une obligation d'arrêt pour le couple : savoir où on est pour savoir quoi modifier. La nécessité de faire un état des lieux de la relation est importante. A ce stade, il me semble que beaucoup de couples ne parle pas encore de rupture alors que souvent ils ont déjà perdu l'envie de communiquer ou l’intérêt pour l'autre (intellectuel ou sexuel).

Trouver l'origine des difficultés d'un couple permet d'essayer de les résoudre à deux. Se taire est se condamner à échouer à le faire évoluer en douceur. C'est quelquefois très difficile car on confond les causes et les conséquences. Par exemple, avoir des problèmes sexuels avec son conjoint peut être source de conflits à la longue, mais c'est peut-être aussi le corps qui s'exprime de cette  façon pour pointer des problèmes de communication.


Exploration des éventuelles dégradations d'une relation

Dresser un état des lieux du couple permet d'y voir un peu plus clair pour tenter d'y remédier (ou de ne pas reproduire les mêmes erreurs). Je vois deux catégories distinctes : celles qui sont extérieures au couple et celles liées à son fonctionnement.

1. Les événements facteurs à risque dans le couple :

Ce sont ceux qui ne mènent pas forcément à la rupture de notre couple mais qui le fragilisent de l'intérieur et qui nous obligent  à rééquilibrer notre relation. Notre couple est déstabilisé au-moins provisoirement. 
- les problèmes de santé qui touchent nos enfants, nos parents ou l'un de nous directement. L'un ou l'autre peut ressentir aussi une extrême fatigue morale ou physique pour des raisons totalement extérieures au couple mais cela à une incidence sur lui, par exemple en cas de harcèlement au travail. Ce peut être aussi une dépendance à l'alcool, ou à la drogue.
- les changements familiaux : le couple accueille un nouveau-né ou un parent âgé chez soi. C'est une source de conflit éventuel. En tout cas la place de chacun est à redéfinir. Et l'intimité du couple est à préserver.
- les hiérarchisations de priorités qui ne sont plus les mêmes entre la vie de couple, le lien avec la famille d'origine ou la carrière professionnelle par exemple. Il se peut que l'un de nous décide de faire passer sa carrière avant la famille car les enfants ont grandi ou au contraire qu'il se mette en retrait pour pouvoir mieux profiter d'elle... A chaque fois, c'est l'occasion d'un équilibre à réinventer. Ou encore quand les valeurs de l'un deviennent incompatibles avec celles de l'autre, ou qu'on le découvre tardivement (xénophobie, homophobie...). 
Ce déséquilibre passager peut sembler futile mais il est à prendre en compte sérieusement car il touche à la perception de la valeur que l'autre nous attribue, autrement dit le fondement de notre couple ! Ce fut en effet mon cas car je me suis sentie complètement dévalorisée dans mon projet professionnel et en même temps obligée de soutenir le sien qui perturbait l'équilibre que nous avions précédemment trouvé au sein de notre famille.

2. La dégradation progressive du couple lié à son fonctionnement propre

Ce sont des pertes qui installent un climat affectif particulier, dégradé au sein même du couple et qui, si rien n'est fait, mènent à sa fin.
- la perte de l’intérêt l'un pour l'autre. 
L'amour est un sentiment qui se montre et s'attise sinon il s'éteint . C'est un travail qui nécessite une vigilance permanente. 
"Il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour".  
Jean Cocteau

Se parler, s'écouter, se découvrir à nouveau, en dehors de la présence des enfants , se faire des petits cadeaux, se surprendre, être présents l'un pour l'autre, tout simplement donner envie à l'autre de rester près de soi : autant de marques d'attention qui nous paraissent aller de soi mais qui sont souvent perdues de vue par l'habitude, la routine, la paresse. On considère que le couple va de soi, que la présence de l'autre est acquise... Le risque pour un couple est aussi d'avoir pour seul projet commun d'éduquer les enfants.
- l'ennui
Ce sentiment découle du précédent. Il ne se passe plus rien au sein du couple. C'est tranquille, sans surprise, sans élan, sans émotions.On évacue tout ce qui peut déranger et le calme apparent donne l'illusion de l'harmonie. On oublie, occulte les dimensions de notre compagnon pour finir par n'en voir plus qu'une. Par exemple j'ai eu l'impression de n'être plus que la mère de ses enfants pour mon ex-mari.
- la perte du respect mutuel
Le respect, c'est la valeur qu'on donne à l'autre. En couple on s'engage à honorer l'autre et à préserver son intégrité. Grâce à cela, on se repose sur la confiance et l'assurance que notre partenaire sera un compagnon positif dans notre vie. Or la rupture de ce pacte dégrade la relation. Le fait, par exemple, de l'humilier en public ou d'être humilié(e) est une trahison forte. On perd sa réserve ou sa mesure. On montre aux autres sa faiblesse ou sa petitesse. On néglige, on reçoit sans donner. Il n'y a plus d'équilibre dans le couple.
- la perte de tolérance et de la patience
Aimer c'est accepter l'autre même avec ses zones d'ombre. Quand on n'a plus d'espoir par rapport à la relation ,quand on n'en attend plus rien, alors on devient intolérant vis-à-vis d'elle. Il se peut qu'on soit lassé(e) d'avoir à demander toujours pour n'obtenir rien. On n'a plus de raisons suffisantes pour faire des efforts, pour essayer encore. Notre partenaire nous énerve à ce moment-là rien que par sa présence. Quoiqu'il fasse ou qu'il dise, cela nous irrite. 
- la perte de désir sexuel
Au lieu de chercher le contact de son partenaire, on le fuit et on développe des stratégies d'évitement. On appréhende son contact. Ce n'est pas forcément la fin du couple en soi : certains préfèrent développer des dimensions affectives ou intellectuelles. Mais si l'un des deux va chercher ailleurs une relation sexuelle, le déséquilibre s'installe.
- la relation extra conjugale
Elle peut être indifféremment la cause ou la conséquence d'une dégradation du lien du couple. Elle n'arrive jamais par hasard et peux tout autant séparer définitivement le couple que resserrer ses liens. Je vous en parlerai plus longuement dans un autre article.
- la perte de sécurité
On ne le répétera jamais assez : les violences conjugales sont très importantes puisqu'une femme en meurt tous les 3 jours en France ! Si c'est votre cas, la seule solution est la fuite à l'aide de professionnels et du soutien de proches.
Les violences peuvent être psychiques, verbales, physiques, sexuelles, économiques... Dans tous les cas, la victime est terrifiée à l'idée de commettre des erreurs, elle fait tout pour plaire en anticipant les désirs de l'autre mais ce n'est jamais assez. La victime reste car elle se sent responsable et que le travail de dévalorisation de son bourreau fonctionne : elle n'ose pas en parler, se replie sur soi et a peur pour elle et ses enfants des représailles..

J'ai fais un peu l'inventaire des raisons de la dégradation de la relation d'un couple pour vous permettre d'y voir plus clair et d'identifier ce qui vous concerne. Quand il est encore temps de modifier quelque chose....

Est-ce que cet article vous a aidé à comprendre les mécanismes en jeu dans votre couple ? Quel est le frein à son épanouissement ? Quel est celui que vous n'avez pas su gérer et qui a détruit la qualité de votre couple ?
Il me semble essentiel de réussir à les identifier pour assainir votre relation avec votre ex et pour éviter de reproduire les mêmes erreurs avec votre prochain couple !

La prochaine fois j'aborderai les autres moments clés d'une rupture. 
D'ici-là prenez soin de vos belles pommes d'amour !

Céline

jeudi 5 juillet 2018

Comment réussir son divorce sans détruire sa famille ?

Comment réussir son divorce sans détruire sa famille ?


Comment gérer la fin de l'amour du couple en évitant la détérioration de la famille ? Comment conjuguer la fin d'une histoire avec la permanence d'un lien familial ? C'est une question qui m'a empêché de dormir de très nombreuses nuits. Qui n'a jamais eu envie de préserver au maximum ses enfants des conséquences de sa séparation ? Je crois que tous les parents qui se séparent se sentent concernés par de tels objectifs. Élever ses enfants dans un climat serein, dans une famille désunie certes mais apaisée.

Voici deux stratégies très puissantes pour éviter de tomber dans le conflit ouvert avec son ou sa (futur) ex et pour permettre l'épanouissement de ses enfants.

1ère stratégie : La compréhension de la mécanique de l'amour brisé 

Quand on se quitte, on utilise souvent des termes très forts pour décrire nos émotions : on se sent ravagé, vidé, anéanti, détruit, dévasté... Souvent on a l'impression de perdre pied dans sa propre vie. Mais pourquoi une rupture provoque chez nous l'impression que la terre se dérobe sous nos pieds ? Que nous sommes atteints dans nos fondations même ?
Nous avons le sentiment que privé de l'amour de quelqu'un, c'est notre identité même qui se fragilise. Nous ne sommes plus rien. Nous avons même peur de ne pas survivre à cet évènement.
C'est qu'on se construit sur la certitude d'être aimé(e). Ce lien se tisse petit à petit et fait partie de notre personnalité. Lors d'une rupture amoureuse, nous pouvons alors faire un raccourci et notre solitude nous renvoie à la perception de ne pas être aimé(e). Cette solitude est alors vécue comme traumatisante et à fuir.
Nous tissons nos liens d'amour tout au long de notre vie et de différentes façons. Le psychiatre Stéphane Fauré parle d'amour parental, de lien fraternel, d'attachement filial, de passion amoureuse, de profonde amitié ou de sympathie. Tous ces liens nous font exister : parce que nous sommes reconnus pour ce que nous sommes dans le regard de l'autre.
Lors d'une séparation, il semble essentiel de se remémorer qu'un seul amour ne nous définit pas profondément, que nous sommes aussi la somme de toutes ces formes d'amour. Avoir conscience de sa valeur par les relations que nous avons noués au sein de notre famille au sens large, avec nos amis, avec nos relations de travail est essentiel pour ne pas s'autodétruire ou se reconstruire après une rupture.

2ème stratégie : L'interrogation de la définition même de la "famille"

 

Quand je me suis séparée du père de mes enfants, je culpabilisais énormément parce que je détruisais la famille. Je me suis alors beaucoup interrogée sur ce qu'est réellement une famille et toutes mes lectures convergent vers 5 points essentiels :  


a.  une famille c'est un lien éthique :
Elle nous donne la vie et en même temps elle crée une dette envers elle.  Cette dette nous amène souvent à être loyal envers nos parents volontairement ou non. Or souvent il faut passer par des trahisons pour se libérer et être soi-même réellement.  Je n'ai  pas su regarder en face, par exemple, la vérité sur l'état de ma relation avec mon ex mari, tant que ma mère était en vie. Inconsciemment le devoir de "réussir ma famille", comme elle, était trop fort. 
Si pour être nous-mêmes, nous devons quelquefois trahir nos parents, il me semble que nous pouvons reconsidérer l’éventuelle "trahison" de nos propres enfants. Ce n'est pas une atteinte à notre intégrité mais une construction de la leur. 

b. une famille c'est un lien de filiation :
C'est ainsi que nous savons d'où nous venons. C'est le récit de nos origines, peu importe ces origines. C'est aussi l'origine de l'espère humaine au sens large. D'ailleurs quand on étouffe dans sa "cellule" familiale, on recherche d'autres liens à travers notre amour commun pour une passion, un pays, une région.
Ce lien de filiation est fortement recherché par les enfants de parents divorcés, surtout quand ils n'ont pas de souvenirs de vie commune avec papa et maman.  Leur raconter simplement les choses sans embellir ni démolir le passé est très constructif pour eux.

c. une famille c'est un lien moral :
On transmet nos valeurs, nos représentations du monde. Les enfants s'enrichissent au contact de valeurs différentes et ils savent très bien faire la part des choses à partir du moment où nous sommes sincères et authentiques. C'est normal que ce ne soit pas exactement la même chose entre chez papa et chez maman.

d. une famille c'est un sentiment d'appartenance :
Nous créons des rituels communs qui nous donnent ce sentiment, par rapport à d'autres familles. Et je peux vous dire après 5 ans de séparation que le fait de vivre dans 2 maisons différentes avec des rituels différents ne pose aucun problème à nos enfants. L'essentiel est d'en avoir avec eux, et surtout de développer une complicité avec chacun d'entre eux. A partir du moment où ils sont reconnus, ils s'apaisent. Les colères sont souvent des appels à l'attention. Au début c'est difficile quand on est parent solo parce qu'on manque d’énergie. Mais le seul rituel de la lecture du soir peut suffire.

e. une famille c'est un lien ontologique :
Chacun a la possibilité d'être reconnu dans sa particularité au sein de ce groupe famille et donc d'être unique, d'exister. On devrait permettre à nos enfants de se servir de la famille comme point d'appui pour qu'ils osent se réaliser eux-mêmes. Or bien souvent nous les enfermons dans nos propres projections, souhaits, revanches. Ou peut-être avons-nous été enfermés... En passant du temps avec chacun de nos enfants en respectant sa personnalité propre, nous faisons beaucoup plus pour sa construction qu'en se disputant avec son père ou sa mère par exemple.

Toutes ces dimensions familiales permettent de comprendre que la dissolution du couple ne détruit pas la famille pour les enfants. C'est un autre mode de fonctionnement, c'est tout.
Cette compréhension m'a permis de cesser de culpabiliser et d'autoriser de facto mes enfants à déployer davantage leurs ailes.

J'espère vous avoir permis de comprendre les mécanismes en jeux dans la perte d'un amour et ceux liés à la famille. Ce sont de bonnes clés pour réussir votre séparation.
Passez à l'action et identifiez celui qui vous fait le plus peur. Dites-moi : quel est l'aspect que vous ne soupçonniez pas ? Celui qui vous rassure ?
Tenez-moi au courant ! Votre avis m'intéresse beaucoup.

Prenez soin de vous et de vos belles pommes d'amour !
Céline